Église de Ménil-Gondouin

En entrant dans cette église de Ménil Gondouin, vous avez répondu à l'appel de l'abbé Victor Paysant qui a peint la façade de ce monument pour attirer l'attention, faire s'arrêter le pèlerin et l’inviter à entrer dans l’église.

 

            Quand ce prêtre est arrivé en 1873, cet édifice était en construction. Une nouvelle paroisse naissait du regroupement de plusieurs villages. Encore dépourvue de tout ornement, il récupéra d’abord les statues des trois anciennes églises paroissiales préexistantes, celle de Ménil Gondouin, celle du Sacq et celle de Sainte Honorine-la-Petite.

 

 

 

            L’Abbé Paysant, fut ici curé pendant 48 ans. Son souhait fut de faire une maison de Dieu belle et accueillante. La couleur pour cela était essentielle. Il voulut faire des murs et du sol un élément d'instruction religieuse. Il le fit en utilisant de manière classique les images, bas-relief et statues. Mais avec beaucoup d’originalité il donna une grande place à l'écriture. Enfin, il en fit aussi un véritable musée de la Chrétienté : il installa des souvenirs et reliques rapportés de ses nombreux voyages à travers le monde.

 

 

 

Après la mort du curé, en 1921, ce décor fut jugé trop exubérant, de goût douteux. Ces successeurs enlevèrent presque tout : les objets de bois furent brûlés, les statues furent enterrées et un plus tard les murs blanchis.

 

            Mais deux collectionneurs passionnés retrouvèrent à la fin du 20ème siècle plus de 200 cartes postales que l'abbé avait fait éditer et qu'il vendait à ses visiteurs. Avec détermination, une association se mit en place et réussit à reproduire, à partir de ces cartes postales, le décor conçu par l'abbé Paysant. Celui fut inauguré en octobre 2006.

 

 

 

Vous pouvez apercevoir à l’extérieur, sur la façade, une représentation très populaire d’un thème classique sur les façades d’église : le jugement dernier avec le Paradis et l’enfer. A droite, avec une prédominance de noir et rouge, le chemin du mal. A gauche avec une prédominance du bleu, le chemin du Ciel. Dans l'œilleton central, la statue de saint Michel terrasse le dragon. Autour de la porte : l'église de Dieu fondée sur l'apôtre Pierre. Elle est le lieu où le secours de Dieu, le salut, est offert à tous.

 

 

 

            Sur le sol de la nef vous pourrez retrouver, gravés, les noms des personnages bibliques de l'Ancien Testament. Il s’agit de la généalogie de Jésus, à partir d'Adam et Eve, décrite au début de l’Evangile selon Saint Matthieu. En vous avançant dans le chœur, vous trouverez toujours au sol, à droite, une suite de saints, à gauche une suite de papes jusqu'à la mort de l'abbé Paysant en 1921. C’est la transmission de l’amour de Dieu de génération en génération dans l’Eglise. Nous sommes invités à le recevoir à notre tour et à la transmettre.

 

 

 

            Sur les murs, on été donc reproduit en trompe-l'œil quelques-unes des 52 statues anciennes ou crées par le curé, en bois ou à partir de pierres tombales. Au-dessous de chacune, un livre ouvert explique la vie et l'œuvre du saint. Ces saints sont pour la plupart des saints guérisseurs locaux.

 

Le dessin des palmiers a été inspiré à l'abbé par ses voyages à Jérusalem et au Moyen-Orient. C’est un symbôle chrétien de l’éternité, car il reste toujours vert et s'épanouit avec droiture vers le paradis, bien qu’il soit planté en terrain aride.

 

 

 

            Vous pourrez porter votre attention en particulier dans la chapelle de droite sur une très belle Vierge à l'enfant et, face à elle, le tableau de la Sainte Famille. Vous y trouvez aussi le confessionnal avec sa sentence bien à-propos : c’est là que le prêtre accueille pour donner le pardon de Dieu. Dans la chapelle de gauche, vous verrez une statue Jésus avec son Cœur Sacré, symbôle de l’amour de Dieu pour chacun. Un texte justifiant tout ce décor s’y trouve aussi. Le portrait de l'abbé Paysant en hauteur a été offert par les frères Sineux, restaurateurs de ces peintures. Ce sont eux aussi qui ont créé le vitrail de la Création derrière l'autel, réalisé par Virginie Berthier, maître verrier à Nogent-le-Rotrou.

 

            Sur la chaire, lieu de la proclamation en hauteur de la Parole de Dieu, sont peints le portrait des évangélistes Luc, Marc et Matthieu. L'évêque représenté est saint Vigor, évêque de Bayeux auquel l'église est dédiée en même temps qu'à saint Clair.

 

 

 

Il fit les croquis aussi des bancs que deux menuisiers du village construisirent.  La fonte des côtés explique leur bonne conservation.

 

            Avant de repartir, levez les yeux vers la tour du clocher : Notre-Dame de la Sagesse y apparaît et le visage du Dieu Créateur veille sur vous. En sortant, vous remarquerez, répertoriés sur la porte, les innombrables voyages et pèlerinages entrepris par l'abbé à la fin du 19ème siècle. L’ensemble des cartes postales anciennes vous donneront un aperçu de tout ces décors autrefois.

 

 

 

 

 

Grâce au travail de restauration accompli, cette église est ainsi redevenu « l'église vivante et parlante » de Ménil Gondouin, attirant à nouveau de nombreux visiteurs. Elle est un lieu de prière et de célébration des sacrements en particulier de la messe régulièrement, mais aussi de baptêmes et mariages. Dans le tabernacle du maître autel, se trouve la présence du saint Sacrement, le corps de Jésus. A nouveau la Bonne nouvelle de l’Evangile est proclamée avec en particulier cette immense « Alléluia » au-dessus de l’autel : joie et paix pour tous !